L’automatisation, fossoyeur de nos emplois … vraiment ?

En matière d’automatisation, la France est en retard par rapport à ses voisins européens. Les pays nordiques, l’Allemagne, mais aussi la Grande Bretagne et l’Espagne sont en avance par rapport à nous. Plusieurs indicateurs permettent de le mesurer : le nombre limité de centres d’excellence en automatisation chez les acteurs du CAC40, La quasi absence de grands groupes ayant plusieurs plateformes d’automatisation, le taux de pénétration de la technologie dans les entreprises de taille intermédiaire ou encore la maturité et profondeur des roadmaps d’automatisation intelligente grâce à l’apport de l’OCR et de l’intelligence artificielle.


Un pareil retard paraît difficile à entendre chez nos entreprises les plus importantes. Notre frilosité bien connue concernant l’investissement technologique n’explique pas tout : existe-t-il aussi un malaise lié à des préoccupations sociales vis-à-vis de l’automatisation ? Plus clairement l’automatisation serait-elle le nouveau fossoyeur de nos emplois ?



Une peur qui vient de loin :

Il s’agit là d’une idée récurrente à chaque bouleversement technologique ou industriel. De l’avènement des machines à vapeur, jusqu’au tsunami digital que nous vivons depuis une décennie. A chaque étape, il y a une remise en question, de la peur de l’angoisse, des impacts ponctuels suivi par une création de richesse beaucoup plus importante qui ouvre de nouvelles perspectives. In fine, le progrès et l’innovation ne sont d’autres que des outils dans les mains de l’Homme. C’est ce que nous en faisons qui fait la différence : réel outil de progrès et de croissance ou simple levier d’optimisation financier “court-termiste”.

Il est néanmoins indéniable que l’ensemble de notre économie – et par conséquence nos jobs – pourrait souffrir de notre retard. En effet, dans une économie mondialisée, l’automatisation est un facteur différenciant à double titre : c’est d’abord un levier de compétitivité redoutable, mais surtout un levier de croissance inespéré. Pensez à tout ce que nous pouvons réaliser tout en maîtrisant nos dépenses. Faire 110% avec 100 ! C’est faisable, car les ROIs des projets d’automatisation sont globalement constatés en moins d’une année : autrement dit les coûts de mise en œuvre sont amortis en quelques mois, avec des coûts récurrents très faibles en comparaison avec les standards de l’IT.



Une opportunité réelle :

Se détourner de ce chantier constituerait un handicap majeur pour nos champions à l’international et nous priverait de quelques points de croissance qui nous feraient cruellement défaut en ces temps troubles.

Il y a ensuite le sujet du bien-être au travail. Il est évident que la génération des millennials a bouleversé le rapport au travail : les notions de plaisir et d’accomplissement personnel sont prégnantes. L’automatisation joue dans ce contexte un rôle d’aspirateur de tâches pénibles et à faible valeur ajoutée. Imaginons des robots sur nos postes de travail, qui interagissent avec nous en permanence, qui détectent nos actions en temps réel, et nous proposent un support nous permettant d’aller plus vite sur nos tâches (rédaction et personnalisation de mails, extraction des informations cross applications, pré-saisie automatique de comptes-rendus…). L’impact sur notre confort de travail et notre productivité serait important !

Je n’ai pas de doute que les Français et les partenaires sociaux soient matures et pragmatiques. Ils ont besoin de clarté dans les objectifs et de la clairvoyance dans la méthode. Une roadmap d’automatisation ne peut réussir qu’à condition qu’elle soit fermement accompagnée d’une communication transparente, une conduite du changement bienveillante et volontariste ainsi que des plans de formation ambitieux et audacieux.



Vers un digital plus responsable :

Pour finir, qu’en est-il d’un point de vue écologique ? L’automatisation est un outil qui permet de simplifier les systèmes d’information, et par conséquent de réduire l’infrastructure d’hébergement et l’empreinte carbone associée. En couplant cela à une approche de rationalisation et d’urbanisation résolue, il est possible d’optimiser les infrastructures digitales, en faisant du sur-mesure, grâce notamment aux nouvelles architectures modulaires -microservices- capables de gérer automatiquement leur scalabilité. Autant de facteurs favorables au regard de la transition écologique incontournable qui s’annonce.

En définitive, faisons-nous confiance les uns les autres ! Faisons de ce progrès technologique un moyen pour aller plus loin et plus vite dans notre transformation et un levier de plus pour traverser la crise profonde qui nous guette. L’Homme a toujours transformé ces moments charnières en sources de périodes de prospérité. Nous avons en France un talent unique pour réussir des prouesses, notre French flair inimitable !


Mehdi Nafe

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hicham hicham juin 16, 2020 0 Comments

AIDA by le Lab R&D Novelis : le smart-programming intégrant IA & NLP

Au sein de son Laboratoire R&D, Novelis continue d’avancer sur les technologies de rupture dans le cadre notamment de son partenariat avec le Laboratoire IA de l’école Polytechnique de Paris. Aujourd’hui, Novelis vous présente AIDA (Artificial Intelligence for Development Assistant), une solution permettant aux développeurs de s’adresser en langage naturel pour créer des applications.

AIDA est développé sous le programme NOVY Idea qui regroupe l’ensemble des produits, solutions sur lesquels le Laboratoire R&D de Novelis intervient. NOVY Idea permet aux clients de Novelis de bénéficier des dernières technologies en avance de phase, avant industrialisation.


Rappel de ce qu’est le smart-programming :


AIDA, en quelques mots :

  • AIDA est un projet autour du Smart Programming dans la philosophie No / Low code
  • AIDA intègre des architectures complexes utilisant notamment du NLP, de l’IA
  • AIDA repense la façon dont un développeur interagit pour générer des applications

Il est certain que l’avenir de l’informatique passe par le développement des applications où l’effort de « code » sera de moins en moins important, a minima pour une partie d’entre elles. En témoigne l’intérêt des géants du secteur comme Microsoft ou bien l’actualité des professionnels du secteur.

L’approche de Novelis :


A qui s’adresse un projet comme AIDA ?

  • Pour les développeurs
    • Pour les analystes fonctionnels
    • Pour les utilisateurs citoyens
    • Pour les élèves et étudiants

En réalité AIDA s’adresse en premier lieu aux informaticiens mais il s’agit bien entendu d’une première étape car l’évolution de ce type d’interface Homme – Machine a vocation à faciliter l’accès au plus grand nombre.

C’est en cela qu’AIDA participe également pleinement aux mouvements « citizens developers » qui émergent mais qui doivent encore faire leurs preuves.


Principes techniques :

Générateurs du code dans smart programming :


Architecture générale :


Quoi de mieux qu’une vidéo?


Si vous avez des questions, si vous êtes intéressés pour en savoir plus, pour identifier ce que cette approche pourrait vous apporter, vous n’hésitez évidemment pas à nous contacter 🙂

Comme vous le constatez, Novelis a les talents qu’il vous faut pour aujourd’hui, pour préparer demain !

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hicham hicham juin 16, 2020 0 Comments

Lancement campagne TV Novelis : découvrez notre communiqué de presse !

Novelis a le plaisir de vous partager son communiqué de presse quant au lancement de sa première campagne TV sur BFM Business et LCI. Cette campagne a été menée avec le support de Superpitch, agence de communication, spécialisée dans l’évangélisation liée au digital.


Cette campagne a été menée avec la participation de Microsoft, de Uipath, de Blueprism, de NICE et d‘Abbyy qui sont les partenaire de Novelis sur tous les sujets liés à l’automatisation intelligente (Smart Automation, Robotic Process Automation, Virtual Assistant, OCR,NLP,…).


Pour en savoir plus :

@Novelis : Fabien Fouissard – ffouissard@novelis.io – 06 26 47 72 61

@Superpitch : Marion Bocquet – marion.bocquet@superpitech.fr – 06 27 67 61 90

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hicham hicham juin 15, 2020 0 Comments

Application Wiqaytna : 7 points à retenir

Dans un article précédent, nous avons analysé l’application ‘StopCovid’, lancée en France pour assurer le suivi des cas contacts de la Covid 19. Aujourd’hui nous allons parler de la version Marocaine « Wiqaytna », lancée le premier Juin sur les deux plateformes Android et iOS, en répondant aux mêmes 7 questions adressées pour ‘StopCovid’.


Le nombre de téléchargements dépasse le 1 million sur Android, et l’application est toujours classée première sur les deux stores. L’équipe de développement a mis en ligne le code source pour rassurer les utilisateurs concernant la sécurité de leurs données personnelles.

Est-ce que le téléchargement de l’application est obligatoire ?

Non, ce n’est pas obligatoire mais recommandé pour digitaliser le processus de suivi des personnes contacts. A titre d’information, ce processus, qui est déjà mis en place au Maroc d’une manière non digitalisée, constitue la base de la découverte de la majorité des cas enregistrés chaque jour avec un pourcentage allant de 75% à 95%.


Est-ce que l’application utilise le Bluetooth pour le traçage ? Quelle version?

Oui, plus particulièrement une version basse consommation, Bluetooth Low Energy (BLE) qui est utilisée pour le transfert périodique de petites quantités de données à courte portée, le BLE consomme 50% moins d’énergie que le Bluetooth.


Comment à l’aide du Bluetooth, l’application différencie le risque des appareils connectés ?

L’identification d’une distance approximative et fiable de deux appareils connectés en Bluetooth est un enjeu primordial de l’application.

La portée d’une onde Bluetooth est de 10m sans obstacle, donc pour identifier les contacts à risques avec une distance proche (< 1.5m), l’application récupère deux données sur la puissance du signal : RSSI et Rx.

Contrairement à la version française qui fait le calcul et divise les appareils connectés en 3 catégories : à risque élevé, à risque moyen et à risque faible, la version marocaine envoie ces données sur un serveur qui se charge du calcul du risque et de la distance approximative.


Est-ce que ce calcul de niveau du risque est fiable ?

Non, il n’est pas fiable à 100% mais il permet de récupérer une grande partie des données avec une approximation acceptable.


Est-ce que le Bluetooth est obligatoire pour le fonctionnement de l’application ?

Oui, il faut que l’appareil dispose déjà du BLE et qu’il soit activé, sinon la fonctionnalité du traçage ne fonctionnera pas.


En plus de ça, il faut que l’utilisateur accepte la permission de localisation, ex pour android : ACCESS_FINE_LOCATION ou ACCESS_COARSE_LOCATION. Ces deux permissions sont indispensables pour le fonctionnement du BLE en arrière-plan. A noter que ces permissions ne sont pas utilisées pour la récupération des données de géolocalisation.


Pour les appareils Android, si l’application ne fonctionne pas correctement, vous verrez une notification au niveau du panneau de Notifications de votre téléphone. Idem pour les applications iOS, vous recevrez une notification si l’application ne fonctionne pas correctement.


Pourquoi il faut que j’annule l’optimisation de la batterie de mon smartphone Android pour l’application StopCovid ?

La fonctionnalité d’optimisation de la batterie sur les appareils Android limite le fonctionnement des applications qui s’exécutent en arrière-plan, cela risque de bloquer le traçage des contacts sur l’application « Wiqaytna ».


Est-ce que Apple ne bloquera pas le fonctionnement d’une application qui utilise le Bluetooth en arrière plan ?

De façon générale, Apple n’autorise pas l’utilisation du Bluetooth en arrière-plan, et ce pour éviter le traçage des utilisateurs dans le cadre de ciblage publicitaire par exemple. Au vue de la situation actuelle, Apple et Google ont proposé un protocole de traçage aux différentes autorités qui veulent développer une application contre le Covid19. Ce protocole décentralisé se base sur un partage de données stockées directement sur les téléphones.


Ce blocage, est déjà mentionné sur le site web officiel de l’application « Pour les appareils iOS (iPhone): pour un meilleur fonctionnement, l’application devrait rester ouverte et active tout le temps. Le fonctionnement en arrière-plan de l’application est limité par des contraintes liées au système d’exploitation iOS. »

L’application « Wiqaytna » s’inspire de la version de Singapour (TraceTogether), qui utilise un système décentralisé. Les données y sont envoyées au serveur uniquement en cas de confirmation d’une personne positive. Malheureusement, l’application TraceTogether, lancée le 20 mars, a montré ses limites et Singapour étudie la possibilité d’équiper les habitants de la cité-état d’un bracelet de traçage qui fonctionne aussi avec le Bluetooth.


La question est de savoir si « Wiqaytna » contredira l’exemple singapourien, et pourra jouer un rôle important dans la lutte contre la pandémie au Maroc ?

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hicham hicham juin 15, 2020 0 Comments

Utiliser le publipostage pour générer les attestations de déplacement

Nous y sommes !

Le déconfinement est pour lundi. Le télétravail reste la règle mais beaucoup vont pouvoir rejoindre à nouveau leurs lieux de travail. Une attestation de déplacement professionnel sera obligatoire pour les heures de pointe.


Pour aider les entreprises qui ont besoin de générer en masse des justificatifs de déplacement professionnel, nous vous proposons dans cet article une technique simple de bureautique pour automatiser ce processus qui utilise deux documents à personnaliser : le publipostage.

Le publipostage nous permet de créer un lot de documents personnalisés. Chaque document est identique dans la mise en page, la mise en forme, le texte et les graphiques, à l’exception des données propres à chaque collaborateur.

Préparer votre liste des collaborateurs

D’abord, il faut préparer un export Excel de la liste des collaborateurs. Le fichier Excel doit contenir les différents champs demandés dans l’attestation :

Préparer votre attestation

  • Ouvrir le document Word qui sert de base à l’attestation
  • Dans la barre de menu en haut, accéder à publipostage > Sélection des destinataires > Utiliser une liste existante...
  • Sélectionner le fichier Excel que vous avez créé et qui contient la liste des collaborateurs
  • Accéder à publipostage > Champs d’écriture et d’insertion > Insérer un champ de fusion
  • Pour chaque élément dans le document, insérer le champ correspondant :

Générer les attestations

La dernière étape consiste à générer les documents individuels à partir de la liste des collaborateurs. Pour ce faire, il faut suivre les étapes suivantes :

  • Accéder à publipostage > Terminer > Terminer & fusionner
  • Cliquer sur Modifier des documents individuels…

Les documents sont générés pour chaque collaborateur. Ils peuvent ensuite être imprimés ou transformés en fichier PDF.

Cette initialisation est à faire une seule fois. Pour les générations suivantes, il suffit de modifier les éléments qui changent dans le document (ex la date, le lieu), mettre à jour le fichier Excel avec les collaborateurs concernés et enfin générer les nouvelles attestations.

Vous pouvez aussi télécharger les modèles préconfigurés que nous avons préparés pour vous:

Stay tuned (Novelis va partager d’autres solutions pragmatiques) et, le plus important, safe !

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La RPA : l’automatisation au profit de l’efficacité opérationnelle

L’efficacité opérationnelle est un enjeu majeur qui conditionne la compétitivité des entreprises. La RPA et la Smart Automation sont des leviers pertinents pour optimiser les processus Métier. En effet, la RPA constitue une première étape. L’OCR et Le NLP sont des outils technologiques qui permettent de pousser plus loin le champ du possible en terme d’automatisation.

Les technologies évoluent vite, et le potentiel d’automatisation aussi. Les bénéfices escomptés sont multiples et ne s’arrêtent pas à une simple économie sur les moyens.

Sécurisation des processus à fort enjeu

Ex : Vérification de la cohérence de données financières par comparaison de fichiers d’interface.

Redirection de la force de travail vers des activités à plus forte valeur ajoutée

Ex : Libération de temps pour les utilisateurs après la suppression des tâches rébarbatives (facturation manuelle)

Réduction des coûts

Ex : Alternative à l’externalisation Offshore de certains processus d’entreprises

Création de valeur

Ex : Envoi automatique de mails/SMS pour les clients VIP d’une chaîne d’hôtels.

L’automatisation des processus Back-office est la plus simple à appréhender. Néanmoins, le potentiel des RAV ‘Robots Assistants Virtuels’ et de l’Automatisation Intelligente, élargit considérablement le périmètre de processus éligibles à l’optimisation et l’automatisation.

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L’Automatisation Intelligente ouvre des perspectives jamais connues auparavant. L’impact positif de l’automatisation n’est pas nouveau : éviter les tâches manuelles fastidieuses et améliorer la précision des données manipulées. Mais nous étions confrontés à un plafond de verre : 80% des données des entreprises ne sont pas structurées. C’est pourquoi l’OCR et le NLP sont de formidables leviers pour surmonter cette contrainte.

Contactez-nous pour en savoir plus

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hicham hicham janvier 24, 2020 0 Comments

RPA : de la robotisation des processus à l’automatisation intelligente

Publié le 1O octobre 2019 par :

Chaque année les équipes  A CAPELLA Consulting  se réunissent pendant 2 jours de séminaire pour partager des moments de convivialité, des ateliers de travail, des sessions de partage et d’acculturation. Cette année, les consultants ont ainsi eu l’occasion d’accumuler et d’approfondir leur maîtrise de la RPA (Robotic Process Automation) à l’occasion d’un atelier de travail mené avec leur partenaire  Novelis  représenté par  Walid Dahhane , CTO de  Novelis .

Dans cet article nous vous proposons de revenir sur les concepts adossés à l’acronyme RPA et ses cas d’usage.

RPA qu’est-ce que c’est ?

La RPA (Robotic Process Automation) est un sujet d’innovation et d’actualité mais dont le fond tire ses origines à la naissance de l’informatique. Il est donc important de comprendre que le sujet même d’automatisation ne date pas d’hier.

Souvent la difficulté que nous avons à définir la RPA c’est de montrer en quoi elle diffère des processus d’automatisation que nous connaissons déjà. La première difficulté réside dans le mot même de « robot » qui ne s’entend pas comme un robot électronique fonctionnant seul mais bien comme un logiciel d’automatisation d’un processus bien défini. La seconde tient au frein psychologique placé derrière le mot « robot » qui induit pour certains que ces derniers sont voués à remplacer l’humain dans l’exécution des tâches.

Pour Walid Dahhane « RPA est l’acronyme de Robotic Process Automation » qui se traduit en français par Robotisation des processus automatisés. Ce n’est rien d’autre qu’un logiciel appelé robot, qui réalise des travaux de traitement et de manipulation des données, d’échange entre les différents systèmes informatiques et de communication interne et externe.

L’idée derrière la RPA est donc de robotiser des processus métier qui nécessiteraient l’intervention d’un humain. Le robot réalise ainsi une succession de tâches prédéfinies en fonction d’informations précises et identifiées. Il capte des données dans plusieurs systèmes, digitalise et exécute des actions habituellement accomplies par des hommes.»

Quelles activités sont automatisables avec la RPA ?

Une fois que l’on comprend mieux le concept même de RPA, il convient de s’interroger sur la nature des activités que l’on peut automatiser.

La réponse est : presque tout ce qui se passe sur un ordinateur et qu’un humain peut contrôler par l’intermédiaire d’une souris et d’un clavier (comme par exemple : émuler des clicks, saisir des données, copier/coller, naviguer sur plusieurs écrans, se connecter à des applications) et aussi effectuer des traitement purement informatiques (comme par exemple : appeler des web services, se connecter à des BDD). Tant que la technologie peut effectuer l’action seule sans l’intervention d’un être humain et sans une partie cognitive dans le déroulement du processus, nous sommes dans un contexte d’automatisation RPA.

La RPA permet donc de réaliser des transactions avec n’importe quelle application de la même façon qu’un humain, et ce pour exécuter des tâches structurées.

Si on prend l’exemple des robots Kiva d’Amazon, nous sommes dans un autre domaine, celui de la robotique électronique, où les robots opèrent seuls des tâches de logistique par le biais de l’apprentissage. Dans le cadre de la RPA, nous parlerons toujours de processus. La différence réside ainsi dans la technologie. En RPA, nous sommes sur une technologie « ordinateur » mais qui ne présente pas, nativement, de fonction cognitive type Intelligence Artificielle dans son processus d’exécution. Un chatbot peut par exemple faire partie d’un processus RPA en tant que composant mais ne sera pas un processus exécutable en tant que tel.

Nous ne trouvons donc pas d’intelligence derrière la RPA mais pouvons en avoir dans certains des composants auxquels elle fera appel (c’est ce que l’on appelle la RPA cognitive – voir plus bas dans l’article dans les différents types de RPA). Si on introduit de l’intelligence dans le processus RPA, nous tuons la RPA et cela rassure d’autant plus de savoir qu’elle ne fera que reproduire ce que nous lui demandons de faire sans prise d’initiatives et sans prise de décision autonome comme nous pouvons avoir dans l’Intelligence Artificielle.

Les systèmes RPA n’ont d’ailleurs, le plus souvent, pas vocation à vivre longtemps sans opérations de maintenance ou ajustements car les processus qu’ils automatisent peuvent évoluer constamment. Nous retrouvons ainsi naturellement beaucoup de RPA dans des phases transitoires de transformation du SI.

RPA : où en sommes-nous ?

Selon le Forrester Research « 25% des tâches seront automatisées à l’horizon 2020 ».

Ces dernières années, la RPA est devenue une option de plus en plus privilégiée par les entreprises pour digitaliser rapidement certaines opérations simples et répondre rapidement à des évolutions réglementaires. La RPA est en effet compétitive par rapport à d’autres solutions plus longues et plus coûteuses à mettre en place tels que les projets d’intégration IT ou encore l’externalisation de ressources.

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Les entreprises qui optent pour la RPA dans la digitalisation de leurs processus y trouvent ainsi de nombreux avantages :

  • Qualité et Précision : la RPA élimine en effet le risque d’erreur humaine inhérent aux processus métiers et permet d’obtenir des résultats fiables et maîtrisés
  • Cohérence et Qualité de service : la RPA permet de mieux maîtriser les processus et de les optimiser
  • Efficacité financière : la RPA permet de diminuer les coûts et de réduire le délai d’exécution des tâches avec un ROI souvent très rapide
  • Audit, Sécurité et Conformité : la RPA permet de paramétrer les processus afin qu’ils soient conformes aux normes et règles nécessaires (sécurité, audit, GDPR…) et apporte une traçabilité qui peut être exigée
  • Productivité et Expérience : la RPA permet aux collaborateurs d’une entreprise de se consacrer à des tâches à plus forte valeur ajoutée en automatisant des tâches répétitives
  • Intégration facile : la technologie RPA peut s’interconnecter facilement et rapidement avec des systèmes existants tout en intégrant des algorithmes avancés et des outils d’apprentissage automatique dans ses composants.
  • Fiabilité et disponibilité : enfin la RPA est fiable et disponible à tout moment et le processus ne souffre d’aucune rupture à l’instar d’une action réalisée par un être humain
Quels sont les cas d’usage de la RPA ?

Le choix d’une technologie RPA est particulièrement indiquée pour :

  • La génération de rapports périodiques, la saisie des données et l’analyse des données.
  • La réalisation de tâches répétitives programmées 50 à 60 fois par jour.
  • La génération d’e-mails en masse, l’archivage et l’extraction.
  • La connexion à l’ERP et autres transactions back-office.

Pour savoir quel processus nous pouvons automatiser et si la technologie RPA est éligible, nous pouvons suivre le schéma de décision suivant :

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D’autres problématiques sont cependant à prendre en compte comme le nombre de robots à mettre en place (on peut vite aboutir à un nombre important et difficile à maintenir), savoir si le système existant peut les gérer, quel sera l’impact sur la bande passante et sur les interfaces utilisateurs…

La bonne définition du cas d’usage est primordiale pour maximiser le ROI, l’objectif n’étant pas de remplacer des équipes mais bien d’en améliorer l’efficacité.

Exemple de use case présenté par Novelis : Une multinationale du secteur alimentaire avec une présence sur 4 continents souhaitait réduire les tâches répétitives, à faible valeur ajoutée, qui interféraient avec les activités principales du département administratif et logistique. L’enjeu était de taille puisque le taux d’erreur dans le département logistique impliquait un coût total de 1,2 M $ en 2016. Elle a fait le choix de la technologie RPA et dispose aujourd’hui de 5 Robots qui exécutent des opérations à la direction financière et au département logistique, sans avoir recours à une intervention humaine (Processus non assistés) avec plus de 25.000 transactions réalisées quotidiennement. L’implémentation de la RPA a ainsi impliqué une économie annuelle de l’ordre de 300 K$, mais l’exploit le plus intéressant est l’élimination des erreurs humaines chiffrées annuellement autour de 1,2 M$. Elle a par ailleurs réalisé une économie de l’équivalent de 75 ETP en 6 mois, permettant ainsi à ses employés de traiter d’autres tâches à plus forte valeur ajoutée.

Quels sont les différents types de RPA ?

On peut distinguer 2 grands types de RPA : la RPA traditionnelle et la RPA cognitive. La RPA traditionnelle est elle-même divisée en deux sous-catégories :

  • La RPA assistée qui permet d’automatiser partiellement des processus complexes pour obtenir plus d’efficacité opérationnelle mais où nous avons encore besoin de l’intervention d’un être humain. C’est le cas par exemple de processus automatisés dans un centre d’appel où la RPA va faciliter et accélérer le processus en proposant des choix au téléconseiller en fonction de certains critères. Ce type de RPA est souvent utilisé pour des processus de front office.
  • La RPA non assistée, à l’inverse, automatise complètement des processus métiers en maximisant ainsi le ROI escompté et sans qu’un être humain ait besoin d’intervenir. C’est le cas par exemple d’un système alimenté à partir du contenu de mails reçus. Ce type de RPA est souvent utilisé pour des processus simples de Back Office.

La RPA cognitive va intégrer des composants intelligents au sein du processus automatisé afin de cadrer des éléments qui impliquent un raisonnement humain ou une prise de décision en fonction de certains critères bien définis. On peut par exemple associer à la RPA une technologie OCR (Optical Character Recognition)*ou de Machine Learning. Il faut bien comprendre que nous parlons d’ajout de composants cognitifs/IA mais que le squelette qui permet de définir le processus métier, lui ne peut pas changer et ne peut pas être intelligent. Un robot ne pourra donc pas décider seul d’ajouter une nouvelle dimension au processus qui n’a pas été définie précisément avant.

Quels sont les outils d’automatisation du marché ?

Il existe de nombreux logiciels d’automatisation de la RPA, et le marché est en pleine croissance. Dans le  Magic Quadrant 2019 de Gartner  pour l’Automatisation Robotisée des Processus (RPA), nous retrouvons en tête (voir figure-ci-dessous):

  • Uipath , le leader, dont la promesse est d’être accessible à toutes les techniques sans avoir de connaissances. Leur ambition pour le futur: que le logiciel soit présent sur tous les ordinateurs au même titre que Windows. Mais force est de constater que même avec des composants emballés et très visuels, la solution n’est pas encore appréciable par tout un chacun. Une version open source est proposée pour un usage strictement personnel.
  • NICE , à l’inverse nécessite d’avoir au moins 2 ans d’expérience de la programmation objet pour être manipulé. C’est une solution utilisée pour les gros projets d’automatisation.
  • Prisme bleu
  • Automation Anywhere
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La présentation de Walid Dahhane s’est terminée sur un atelier de travail où les consultants A CAPELLA Consulting ont pu travailler à l’élaboration de use cases propres au secteur de l’assurance et de la protection sociale.

En conclusion, il faut retenir que la RPA est particulièrement indiquée pour éliminer des tâches répétitives et fastidieuses, accélérer un processus opérationnel et réduire les coûts. La RPA sera toujours utilisée pour automatiser un processus métier basé sur des règles mais tous les processus ne sont pas forcément éligibles à la RPA et il faut se poser les bonnes questions en termes d’enjeux et de ROI avant de se lancer dans un projet. Même si un POC peut être réalisé en quelques semaines/mois, l’engouement des DSI pour ce type de solution a amené la création de plusieurs robots sur étagère que l’on peut désormais acheter en ligne pour répondre à un use case générique et ce sans remplacement de systèmes existants. Les structures IT doivent cependant demeurer vigilantes sur la gestion des évolutions de leur système d’information et la maintenabilité des logiciels particulièrement challengeant dans le cadre d’un déploiement de milliers de robots.

* Le mot OCR signifie reconnaissance optique de caractères ou reconnaissance de texte, une technologie qui permet de convertir différents types de documents tels que les documents papiers scannés, les fichiers PDF ou les photos numériques en fichiers modifiables et interrogeables. (Source Abby, une des solutions RPA référentes sur le marché pour son alliance OCR/Machine Learning)

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hicham hicham décembre 31, 2019 0 Comments